Tunisie: La nécessaire mise à niveau des médias
Les médias sont un secteur longtemps «abandonné» par la réforme. Une réalité qui se vérifie au quotidien au niveau de son rendu. Les médias tunisiens naviguent quasiment à vue. Alors qu’un média est par essence une structure qui s’organise et s’interroge sur son vécu en permanence. Pour s’adapter à un contexte en perpétuelle mutation puisque devant être en harmonie avec les goûts et attentes du consommateur.
En fait, c’est à un secteur «abandonné» par la réforme que cette instance s’attaque depuis sa création. «Que ce soit au niveau de la réglementation, de l’organisation, du renouvellement des équipements, de la formation ou encore de l’innovation, le secteur a rarement épousé son temps», note notre interlocuteur.
Consacrer une pratique conforme aux standards internationaux
Faut-t-il revenir sur l’organisation et de la réglementation du marché du marché? Même si des structures se mettent en place comme le récent Syndicat Tunisien des Dirigeants des Médias (STDM), tout reste à faire pour assurer la promotion du secteur. Il faudra, nous ne cesserons de le rappeler, des associations regroupant les annonceurs, des structures plus crédibles en matière d’études du marché de la presse, de mesure d’audience ou encore de justification de la diffusion. Et des structures –ou une seule structure- de régulation aussi bien pour la presse écrite que pour l’audiovisuel.
Côté réglementation, la tâche n’est pas moins ardue. Révision du Code de la presse, promulgation d’une loi sur la liberté audiovisuelle. Il faudra reconnaître un statut de la presse en ligne; mettre en place des garde-fous pour une gestion saine des contenus comme un arsenal déontologique: codes, chartes.
Les logiciels des métiers de l’information et de la communication dans tous les pays démocratiques sont pratiquement les mêmes, même si des adaptations sont souvent nécessaires selon les contextes.
Plus important, sans doute, de ce qui précède: consacrer une pratique des métiers du journalisme et de la communication conforme aux standards internationaux.
D’abord, en bannissant certaines pratiques qui se doivent de disparaître. Comme le peu d’égard manifesté dans certaines rédactions pour les journalistes. Dans certaines rédactions, le gros des troupes est fait de pigistes.
Le nombre de journalistes à plein temps dans certaines rédactions est dérisoire. Des organes de presse à parution non quotidienne fonctionnent avec deux ou trois plein temps. Dans un quotidien, le service «Enquêtes et reportages» comporte trois journalistes.
Point d’organigramme, ni de fiche de fonction
Outre le nombre, la qualité des recrues n’est pas toujours de mise. Le recours à des non diplômés d’institutions spécialisées, comme l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) de Tunis, est, dans certaines rédactions, la règle. Des patrons reprocheraient aux diplômés de l’IPSI une absence ou manque de maîtrise de la langue, une formation inadaptée au vécu du journalisme tunisien,.. .
«L’heure est venue de tout déballer, souligne un journaliste. Quitte à revoir les cursus des formations de base et continue » Les médias se doivent, toutefois, de s’impliquer d’avantage: «Rares sont les médias qui encadrent les nouvelles recrues et qui disposent de service de formation. Les étudiant de l’IPSI, qui viennent en stage, sont rarement l’objet d’intérêt; si l’on excepte les médias publics», ajoute-t-il.
En fait, les médias fonctionnent comme s’ils n’étaient pas des organisations encore moins des entreprises. Point d’organigramme, ni de fiche de fonction qui permettent de voir bien clair. Beaucoup de journaux, sinon la quasi-majorité, sont nés, du reste, de la volonté d’un seul homme qui a rassemblé, dans la douleur, la quasi-totalité du capital et quelques amis et proches pour faire démarrer son projet.
Les rédactions ne sont, de plus, rarement traversés par les concepts éditoriaux modernes, les contenus ne sont pas adaptés aux attentes des consommateurs, qui sont que rarement connus; elles n’usent pas d’outils comme la veille ou le benchmarking. Le travail des journalistes n’est pas évalué, en dehors du pif des rédacteurs en chef; des quotas ne sont que très rarement arrêtés et surtout suivis,…
Une réalité qui se vérifie au niveau du rendu des médias qui naviguent quasiment à vue. Alors qu’un média est par essence une structure qui s’organise et s’interroge sur son vécu en permanence. Pour s’adapter à un contexte en perpétuelle mutation puisque devant être en harmonie avec les goûts et attentes du consommateur.
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Source: webmanagercenter.com
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