Tribune

Repenser la mise à niveau de l'agriculture

Tout le monde est d'accord sur le fait que la flambée des prix des produits agricoles à l'échelle internationale a eu des retombées négatives sur le secteur agricole.





Mais il ne faut pas négliger son effet positif consistant en l'éveil de conscience quant à la gravité d'une approche axée sur l'importation (animaux sur pieds, carcasses de viande congelée et/ou surgelée, semences fourragères, paillettes d'insémination, matières premières pour la fabrication du concentré, blés, etc.).
Les mesures prises, jusqu'à nos jours, sont intéressantes. Elles touchent au volet incitatif (prix de vente à la production, ré-échelonnement des dettes, prise en charge de l'assurance, révision de la subvention lors de l'investissement...). Malheureusement, certaines de ces mesures ont été prises avec beaucoup de retard et ne peuvent être intéressantes que si elles disposent d'un effet rétroactif pour aider à résoudre les problèmes des projets en cours d'activité. Je cite à titre d'exemple la subvention pour l'achat du cheptel et du matériel agricole.
Quant au ré-échelonnement et à la prise en charge de l'assurance, ils devraient toucher les autres activités agricoles (production animale et autres).
Pour ce qui est de l'endettement, s'il est vrai que le montant global des dettes des agriculteurs se chiffre à (1 760 000 000 DT/35 000 exploitants = 50 300 DT/exploitant). Il indique toutefois que 7 % seulement du nombre total des exploitants (516 000) sont impliqués dans la mise à niveau du secteur et ils font face à beaucoup de problèmes.
Donc, un tel constat appelle à une décision courageuse qui consiste à éponger la moitié des dettes pour encourager les agriculteurs à opter aux mesures du ré-échelonnement avec, en parallèle, une révision globale du système de financement du secteur agricole. Des mesures pareilles accroîtront certainement le flux de l'investissement par le biais de l'augmentation des adhérents potentiels.
Quant au volet politique des prix de production, il semble intéressant d'instaurer une cellule de suivi sectorielle au niveau des grandes régions (englobant 3 à 4 gouvernorats) qui aura l'aval de prendre les décisions en temps réel.
L'année dernière, quand il y avait une chute de la production laitière, nombreux sont ceux qui incombaient cette chute à la faible technicité des éleveurs en matière de production fourragère et de gestion du troupeau!
En dépit de certaines carences techniques, on est arrivé à maintes reprises à produire des quantités au-delà des besoins de la population. Le problème n'est pas d'ordre technique mais plutôt au niveau de la politique des prix. Chaque retard de révision du prix du lait a entraîné des difficultés financières énormes obligeant beaucoup d'éleveurs à liquider partiellement ou totalement leur troupeau. Certains ont converti leur troupeau de vaches laitières en troupeau ovin et d'autres ont abandonné tout élevage.
Une mesure de soutien des unités laitières qui sont en difficulté financière serait très encourageante, telle que celle promulguée par l'Etat aux entreprises industrielles (loi n° 95-34 du 15 juillet 1995 modifiée par la    loi n° 2003-79 du 23 décembre 2003).
L'agriculture, à l'opposé des autres activités, est sujette à de multiples variables (climatiques, prix des intrants et des extrants) dans un système complexe dont ses composants ne sont pas des inertes mais du domaine des vivants : homme/sol/animal/végétal. En plus, elle est productrice de biens destinés à la consommation humaine et industrielle. Cette caractéristique de l'agriculture impose une attention particulière lors de la programmation et des mesures plus incitatives.
Dr Ben Gayess Abdelmajid (ex: Ferchichi)
Médecin Vétérinaire, bénéficiaire d'un lot technicien
E-mail: bengayessabdelmajid@yahoo.fr



Tags: production, mesures, niveau, troupeau, dettes, révision, échelonnement, agriculture, agricole, quant, secteur, tunisie

Laisser un commentaire




                                             


Les champs marqués d'une* sont requis.
Cliquez ICI pour signaler un commentaire illicite.
Merci.